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La récolte a perdu 40 à 50 % de son volume par rapport à 2016, mais tient le choc grâce aux réserves (sans préjuger de la récolte des liquoreux, pas tout à fait finie). Soit environ 2 milliards de chiffre d’affaires. L’incidence sur les cours et donc les prix au consommateur est encore contenue, mais les prix sont sous tension. Reste à souligner les efforts sur la baisse de l’utilisation des produits phytosanitaires et sur les comportements des viticulteurs. Dans ce domaine, par contre, les dirigeants de l’interprofession du vin de Bordeaux pousse un cri :  » Les protections (contre les effets nocifs et dangereux de l’utilisation des produits dans les vignes, NDLR) sont humainement inutilisables  !  » Une alerte déjà envoyée au gouvernement il y a quelques mois.

Hier au CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux) était fait le bilan de la récolte 2017 : maigre, historiquement à cause du gel du mois d’avril et surtout fin mai, de la pluviométrie faible et des vendanges très précoces, la récolte aurait baissé de 40 à 50 % 

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Bernard Farges, vice-président du CIVB (à gauche) et Allan Sichel, le président, au micro de la tribune - Photo ©GOTA(pour mémoire, le volume de récolte en 2016 était de 5,3 millions d’hectolitres), la plus faible depuis 1991, soit un manque à gagner d’environ 2 milliards d’euros. Une baisse confirmée dans l’Union européenne.  » Les effets économiques auront surtout lieu en 2018 et 2019 «  précise Allan Sichel, président du CIVB, tout en rassurant sur les bonnes progressions de ventes à l’export : +6% en volume avec 2,12 millions d’hectolitres et de 15 % en valeur (1,97 milliards d’euros), dont les ventes expédiées en Chine avec +22%, les Etats-Unis avec +10% en volume et vers l’Union européenne avec +10%. On ne peut pas en dire autant pour les ventes en grande distribution, avec un léger recul pour les vins de Bordeaux (-3%) et surtout les vins rouges. Avec un prix moyen de vente établi à 5,86 €. Côté promotion, le CIVB poursuit son action avec la 4ème édition de  » Bordeaux Fête le Vin  » à Québec qui s’est déroulée il y a 6 semaines, et  » eat ! BRUSSELS drink ! BORDEAUX à Bruxelles  » la semaine suivante.

 

Interviews d’Allan Sichel, président du CIVB, puis de Bernard Farges, vice-président (et ex-président). Sujets abordés : la récolte 2017 historiquement faible, et ses moyens de compenser, indemnisations des producteurs touchés par les intempéries, les dispositions environnementales et la recherche, et le millésime 2016 :

Dispositions majeures pour la prise en compte de l’environnement

La grande actualité de cette année 2017 pour le monde du vin et particulièrement à Bordeaux est l’augmentation des expérimentations autour de la réduction d’utilisation des

intrants par des groupes de viticulteurs, prenant des risques pour leurs entreprises mais se mettant sur des pistes qui peuvent être salvatrice pour toute la profession. Mais aussi et surtout une mesure concrète de la part de 7 ODG (organismes de défense et de gestion) qui correspondent à 80 % du vignoble bordelais qui ont récemment modifié leur cahier des charges en y intégrant différentes mesures environnementales, comme l’interdiction de l’usage d’herbicides sur la totalité de la surface du sol, l’obligation pour les viticulteurs de connaître et mesurer leur indice de fréquence de traitement (IFT), indicateur clé de l’usage des pesticides, la possibilité d’introduire des cépages résistants permettant une très forte réduction de l’utilisation des pesticides (maximum 5% de la surface avec ces cépages), ou bien encore l’obligation pour leurs viticulteurs de s’engager dans une démarche de certification environnementale. L’intégration de ces mesures doit maintenant être approuvée par l’INAO. Et les systèmes de management environnemental (SME) de nombreux viticulteurs progressent : nombre d’entre eux les développent et s’engagent particulièrement, de telle façon qu’ils obtiennent des certifications plus fortes, et appliquent des mesures telles que l’abolition de produits déclarés dangereux et cancérigènes par le CIVB, ou le respect de ne pas traiter la vigne en semaine sur les parcelles proches de zones sensibles, comme les écoles par exemple, en suivant un guide géographique mis au point et distribué appelé  » Atlas zones sensibles « . A noter que le CIVB investit environ 400 000 € par an pour la recherche sur la réduction voire la suppression de l’usage de produits phytosanitaires.

Reste une mesure décriée par le CIVB, qu’Allan Sichel et Bernard Farges pointent du doigt :  » l’habit de protection de diffusion des produits dans les vignes est humainement importable !  » Un vêtement de protection homologué par les autorités de l’Etat, totalement inadapté, et vivement recommandé de mettre par les fabricants de produits sur leurs étiquettes, se couvrant ainsi de tout plainte ou recours.

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