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Hier a été signée une charte pour imposer de bonnes pratiques environnementales aux croisiéristes (compagnies maritimes et société de croisières fluviales), et notamment qu’ils déclarent toutes les informations techniques de motorisation et leurs méthodes de navigation. Une convention tripartite entre Grand port maritime de Bordeaux, les collectivités locales (mairie de Bordeaux / Bordeaux Métropole) ainsi que le syndicat des pilotes du port, afin d’imposer de bonnes conduites et d’inciter aux évolutions nécessaires qu’imposent la transition énergétique de notre époque, ainsi que les conditions d’équilibre d’accueil et de vie de ces villes flottantes en plein centre ville de Bordeaux.

Charte de conduite pour activité florissante

Les signataires de la Charte, au siège de Grand port maritime de Bordeaux, autres élus et proches collaborateurs : Anne Walryck, Stéphan Delaux, Nicolas Florian, Philippe Dorthe, Jean-Frédéric Laurent et Tristan Paillardon - Photo © Stéphan Foltier pour GOTA
Les signataires de la Charte, au siège de Grand port maritime de Bordeaux, autres élus et proches collaborateurs : Anne Walryck, Stéphan Delaux, Nicolas Florian, Philippe Dorthe, Jean-Frédéric Laurent et Tristan Paillardon – Photo © Stéphan Foltier pour GOTA

Les quais de Bordeaux accueillent chaque année une 40aine de paquebots de croisière, 43 en 2019, d’une capacité de 80 à 950 passagers, pour des escales de 1 à 2 jours. La croisière durable participe à l’essor écono­mique de la ville et du territoire girondin et aquitain. Pour préserver la destination Bordeaux, les signataires souhaitent fédérer les compagnies de croisière partenaires de ce développement, en inscrivant les opérateurs dans une « démarche environnementale volontariste et vertueuse ». Philippe Dorthe, président de Grand port maritime de Bordeaux, Nicolas Florian, maire de la ville et Tristan Paillardon, pilote maritime et président de la station de pilotage de la Gironde (représentant les 20 pilotes du port) ont donc signé une charte afin de prolonger une « démarche incitative vis-à-vis des navires, qui va au-delà des préconisations environnementales réglementaires, en adhérant au système ‘ ESI – Environmental Shipping Index ‘ et en accordant aux navires vertueux des bonus sur les droits de ports ». Une charte qui comporte 6 points : réduction des émissions polluantes dans l’air, élimination des rejets polluants dans l’estuaire, mise en œuvre d’une démarche environnemen­tale globalisée, optimisation de l’accès aux quais de Bordeaux centre et des modalités du passage du pont Chaban-Delmas, limitation des impacts sonores lors des escales et accompagnement de la démarche par le pilotage de la Gironde et optimisation des procédures de navigation.

« Toutes les compagnies sont censées signer cette charte »

Jean-Frédéric Laurent, directeur général du Port se veut rassurant sur son application, la pression des autorités internationales et la nécessaire transition écologique aidant : « Toutes les compagnies sont censées signer cette charte, et avaient déjà émis un accord pour s’adapter et la respecter ». Et des moyens conséquents seront mis en œuvre prochainement par la ville et la métropole, comme des branchements électriques adaptés sur les pontons des quais du centre ville (quai des Chartrons, quai Louis XVIII et quai Richelieu), et encore plus puissants à Pauillac pour accueillir les plus grands paquebots du monde dans un prochain projet. Déjà, une baisse de la limite du taux de souffre dans les carburants marins est imposée par  l’Organisation maritime internationale (OMI) à 0,5%, contre 3,5% actuellement (en dehors des zones sensibles où il est déjà limité à 0,1%), l’oxyde d’azote et les gaz à effet de serre faisant partie des prochaines étapes du combat écologique des effets néfastes induits.

« Un tourisme respectueux et d’équilibre »

Les signataires de la Charte, au siège de Grand port maritime de Bordeaux, autres élus et proches collaborateurs : Anne Walryck, Stéphan Delaux, Nicolas Florian, Philippe Dorthe, Jean-Frédéric Laurent et Tristan Paillardon - Photo © Stéphan Foltier pour GOTA
Les signataires de la Charte, au siège de Grand port maritime de Bordeaux, autres élus et proches collaborateurs : Anne Walryck, Stéphan Delaux, Nicolas Florian, Philippe Dorthe, Jean-Frédéric Laurent et Tristan Paillardon – Photo © Stéphan Foltier pour GOTA

Le potentiel de développement local des activités concomitantes est vaste, et le président de Grand Port de Bordeaux a évoqué la gestion des déchets ménagers transportés par barges avec pousseurs (une péniche Freyssinet de 38,50 m équivalent à la charge transportée par 25 avions), l’énergie de propulsion au gaz naturel liquide voire à l’hydrogène plus tard (déjà un sujet évoqué il y a 21 ans à la Région Aquitaine par Philippe Dorthe), une piste également reprise par Nicolas Florian dans son intervention comme « levier de réflexion su la filière » dans notre région. Les constructeurs réfléchissent, de leur côté, à des nouvelles technologies de propulsion alternative. Stéphan Delaux, adjoint au maire en charge du tourisme ancre le positionnement particulièrement volontariste de la ville : « Seules 9 villes en France dont Bordeaux ont souscrit à ces mesures*, ce qui positionne la ville comme destination responsable », Anne Walryck, adjointe en charge du défi climatique et de la transition écologique lui a emboité le pas : « On va même plus loin que certaines autres villes (…) grâce à une intelligence collective mobilisée dans des temps records ». Tout en relativisant une éventuelle expansion du transit par le maire : « Nous ne voulons pas de tourisme à n’importe quel prix, mais un tourisme respectueux et d’équilibre ».

Ce sont finalement des mesures afin d’ « assurer les meilleurs conditions pour amener et faire accoster les bateaux » résume Philippe Dorthe. Rappelons que les croisiéristes dépensent en moyenne 28 000 € par passager chez les commerçants bordelais, et que bon nombre d’emplois, directs ou indirects, dépendent de cette activité touristique, comme l’on souligné à plusieurs reprises Philippe Dorthe et Nicolas Florian.

* : ISO 20121

Grand port maritime de Bordeaux

152 Quai de Bacalan –  CS 41320, 33082 Bordeaux Cedex
Téléphone : +33 (0)5 56 90 58 00

https://www.bordeaux-port.fr/

Les prévisions d’escales de paquebots : lien ici

L’intégralité des engagements de la Charte signée hier :

ð  Engagement n°1 : réduction des émissions polluantes dans l’air

L’étude de qualité de l’air ATMO Nouvelle Aquitaine (Observatoire Régional de la Qualité de l’Air, agréé par le Ministère de l’Environnement), menée à Bordeaux au pic de la saison 2018, n’a relevé aucun dépassement des seuils légaux sur aucun des polluants ou particules étudiés. Les valeurs relevées sont restées très en deçà des seuils, y compris en présence simultanée de deux paquebots à quai. Pour autant, afin de minimiser encore plus leur impact, les signataires s’engagent à :

  • Utiliser un carburant à 0.1 % de soufre dès l’entrée de la zone de pilotage obligatoire, et pendant toute la durée de l’escale. A titre d’information, la réglementation impose l’utilisation de carburant à 0.1 % de soufre uniquement lorsque le navire est à quai. Les signataires s’engagent donc à aller au-delà des normes en vigueur.
  • Encourager la desserte de Bordeaux par des navires à propulsion GNL (Gaz Naturel Liquéfié) ou équipés de systèmes de dépollution (scrubbers).
  • Fournir à la capitainerie les informations sur la qualité des combustibles utilisés pour l’entrée et la sortie du port, ainsi que les dispositifs de réduction des émissions polluantes.
  • Utiliser le service de collecte des déchets par barge fluviale initié par Bordeaux Métropole et respecter la stricte interdiction d’incinération des déchets à bord.

ð  Engagement n°2 : élimination des rejets polluants dans l’estuaire

Les navires de croisière en navigation dans l’estuaire et à quai à Bordeaux s’engagent à maintenir les mesures existantes suivantes :

  • Zéro rejet d’eaux usées (eaux grises) y compris traitées, sauf à se brancher à quai sur le réseau des eaux usées de Bordeaux Métropole, et en acquittant la redevance prévue à cet effet.
  • Zéro rejet d’eaux issues du système de lavage des fumées (ou scrubbers).

ð  Engagement n°3 : mise en œuvre d’une démarche environnemen­tale globalisée

Les navires de croisière en navigation dans l’estuaire et à quai à Bordeaux s’engagent à :

  • Favoriser les démarches volontaires en faveur de l’environnement auprès des agents réceptifs et des autocaristes.
  • Privilégier les excursions en bus propres de type « Euro6 » et si possible des bus ou véhicules hybrides ou au gaz.
  • Réduire les émissions en demandant aux opérateurs de ne mettre en route les moteurs qu’au moment de la montée des passagers dans les bus.

ð  Engagement numéro 4 : optimisation de l’accès aux quais de Bordeaux centre et des modalités du passage du Pont Chaban-Delmas

  • Les navires de croisière s’engagent à optimiser leur arrivée à Bordeaux en respectant les préconisations de l’autorité portuaire et des pilotes de la Gironde, afin de franchir le pont Chaban-Delmas en toute sécurité, et en minimisant son temps de fermeture à la circulation, donc son impact sur la circulation automobile.

ð  Engagement numéro 5 : limitation des impacts sonores lors des escales

  • Les navires de croisière sont accueillis au cœur de Bordeaux, dans un milieu urbain. Les compagnies signataires s’engagent à réduire autant que possible l’impact sonore pour les riverains et les sources de vibrations.

Le cas échéant, la Ville de Bordeaux se réserve, en coordination avec le GPMB, la possibilité d’orienter les navires qui occasionneraient une gêne avérée, vers un poste à quai plus éloigné des habitations.

ð  Engagement numéro 6 : accompagnement de la démarche par le pilotage de la Gironde et optimisation des procédures de navigation

Par leur parfaite connaissance des courants de marée sur l’estuaire de la Gironde, les pilotes de la Gironde, dont une des missions par délégation de service public est la protection de l’environnement s’engagent aux côtés de la Ville, de la Métropole, du GPMB et des compagnies maritimes pour une réduction des émissions en privilégiant les bonnes pratiques (variations d’allures progressives, anticipation..) et en adoptant des procédures de navigation adaptées, détaillées ci-dessous.

  • Pour les navires de plus de 175 mètres :

Le chenalage en Gironde se fera sur les conseils des pilotes selon les modalités suivantes :

– Depuis la rade du Verdon au bec d’Ambès à une charge moteur de maximum 60% de la puissance propulsive disponible

– Du Bec d’Ambès à la zone portuaire de Bassens à une charge maximum de 45% de la puissance propulsive disponible

– De la zone de Bassens au Port de la Lune à une charge maximum de 30% de la puissance disponible

  • Pour les navires de moins de 175 mètres :

Il sera procédé à un ajustement de la puissance pour naviguer sur le chenal avec au maximum une vitesse surface de 2 noeuds inférieure à la vitesse d’exploitation nor­male du navire (ce qui équivaut à 30% de baisse de rejets selon Armateurs de France).

 

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