4 décembre 2021
« Suprêmes », un biopic fiévreux sur les débuts de NTM et la naissance du hip-hop en France

« Suprêmes », un biopic fiévreux sur les débuts de NTM et la naissance du hip-hop en France

Dans ce film nerveux et électrisant qui sort le 24 novembre, la réalisatrice Audrey Estrougo raconte l’éclosion du hip-hop français à travers les premiers pas du groupe Suprême NTM. Elle révèle au passage deux jeunes acteurs dont on ne pourra plus se passer.

« On venait pour tout brûler, pas pour faire de l’entre-deux. (…) Si on faisait du rap, il fallait qu’on soit dans le top ten », se souvient JoeyStarr dans son autobiographie Mauvaise réputation, parue en en 2006. Ce livre, la réalisatrice Audrey Estrougo l’a lu. Il a convaincu à raison cette cinéaste élevée au rap et âgée de 38 ans qu’elle pouvait faire d’une pierre deux coups : raconter la naissance de la culture hip-hop en France en retraçant les débuts de l’aventure du Suprême.

Son long-métrage, en salles ce mercredi 24 novembre, se concentre donc sur une période assez courte qui va de la fin des années 80 jusqu’au premier Zénith de Suprême NTM en janvier 1992, sept mois après la sortie de leur premier album Authentik.

Bruno Lopes et Didier Morville, deux personnalités opposées et complémentaires venues de Saint-Denis (93), qui, sous les surnoms Kool Shen et JoeyStarr, ont écrit une des plus belles épopées du rap français, ont non seulement donné leur feu vert au film mais lui ont également fourni tout du long leurs précieux conseils. Un sacré plus pour l’authenticité du long-métrage qui nous replonge dans le climat particulier d’une époque où le rap naissant se faisait naturellement l’écho du malaise de la jeunesse des quartiers populaires.

C’est dans la pénombre d’un tunnel de métro où une équipe de graffeurs massacre les wagons à coups de bombes de peinture que s’ouvre Suprêmes. Caméra nerveuse à l’épaule, gros plans : une entrée en matière très bien rendue, au plus près des corps, entre urgence, euphorie et menace. Ce prélude annonce un film fébrile, souvent en mouvement, où le spectateur est régulièrement placé en immersion, au cœur du vortex, en particulier lors des concerts et chahuts en tout genre.